Recouvrement amiable ou judiciaire : comment choisir?

Vos clients tardent à régler leurs factures ? Plusieurs procédures existent pour faire valoir votre droit. Elles sont généralement regroupées sous deux grandes typologies : le recouvrement amiable et le recouvrement judiciaire. Quant à savoir laquelle de cette méthode choisir pour obtenir le paiement qui vous est échu, c’est une histoire… Explications.

Recouvrement amiable, votre premier recours

Dans un premier temps, la question de savoir s’il vaut mieux opter pour un recouvrement amiable ou judiciaire n’a pas lieu d’être. Pour amorcer une procédure de recouvrement contentieux, avoir tenté de vous faire payer par vos créanciers via un recouvrement amiable est en effet un prérequis incontournable au regard du droit français.

Une bonne nouvelle pour les 58,2% d’entreprises qui ne paient pas leurs factures en temps et en heure à en croire le dernier rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement, mais aussi pour vous.

En plus d’être moins coûteux que son alternative judiciaire, le recouvrement amiable présente de fait plusieurs avantages. Il s’agit d’une procédure simple, permettant – dans certains cas – d’être payé sous des délais assez courts tout en préservant votre relation commerciale avec le client.

La procédure de recouvrement amiable constitue donc votre premier recours. Elle est amorcée dès l’envoi de votre première relance par courrier recommandé avec accusé de réception et atteint son point culminant avec la mise en demeure, dernière étape avant le basculement vers une procédure judiciaire.

Le recouvrement judiciaire, un mal parfois nécessaire

Si en dépit de vos multiples relances votre créancier n’a toujours pas honoré ses engagements, le recouvrement judiciaire peut parfois débloquer la situation. Toutefois, les procédures judiciaires sont généralement longues et coûteuses. Pour s’avérer rentables, cette forme de recouvrement implique de respecter un ratio coûts + efforts / montant recouvré qui se révèle rarement positif.

Toute la difficulté consiste donc à savoir quand est-ce qu’il est préférable de poursuivre votre procédure de recouvrement amiable, ou si c’est peine perdue.


Recouvrement amiable ou judiciaire : 4 facteurs pour choisir la bonne solution

Plusieurs paramètres doivent être pris en considération au moment d’arbitrer entre recouvrement amiable et contentieux :

  • La nature de la relation commerciale

Votre client est-il un nouveau venu ou un partenaire de longue date ? Dans le premier cas, n’hésitez pas à engager une procédure judiciaire. Vous n’avez pas de temps à perdre avec les mauvais payeurs.

Au contraire, s’il s’agit d’un client historique ou ayant de l’importance à vos yeux, peut-être est-il préférable de choisir le recouvrement amiable, moins clivant. Tâchez d’engager la conversation pour identifier la cause du retard de paiement.

  • Votre historique de paiement

De même, s’agit-il d’un premier retard de paiement, ou votre client refuse-t-il systématiquement de vous régler dans les temps ? En cas de retards répétés, une procédure judiciaire peut envoyer un signal fort à votre créancier : fini de rire, votre patience est épuisée.
Pour un premier retard, il sera parfois dans votre intérêt de vous montrer plus flexible. Votre client n’est pas nécessairement de mauvaise foi. Peut-être traverse-t-il juste une période difficile. Si la situation s’y prête, la mise en place d’un échéancier de paiement pourrait débloquer la situation. Mieux vaut tard que jamais, dit l’adage.

  • L’échéance de la créance

Un délai de paiement de quelques jours peut être dû à une simple erreur comptable ou à un dysfonctionnement bénin. 
Avant de recourir à un recouvrement judiciaire, assurez-vous qu’il y a réellement un problème et que celui-ci ne peut être résolu par voie amiable. Si au contraire, la dette court depuis 3 mois ou plus, peut-être est-il temps d’envisager des mesures plus coercitives.

  • Le montant de la dette

Enfin, le montant dû a lui aussi son importance. Dans le cas d’un encours modeste, sans doute vaudrait-il mieux poursuivre vos efforts de recouvrement amiable. Une procédure contentieuse risquerait en effet de se révéler plus coûteuse que la somme à recouvrer. Pire, elle mobilisera du temps et des ressources que vous auriez pu affecter plus adéquatement au développement de votre entreprise. En revanche, si la dette menace votre trésorerie, ne tardez pas avant d’entamer une procédure judiciaire.

Vous l’aurez compris, une phase de médiation bien maîtrisée est cruciale pour garantir l’efficacité de votre stratégie de recouvrement. Plus important encore, votre poste client doit être soigné en amont. La connaissance de vos clients et de leur situation financière reste en effet votre meilleur atout pour limiter les risques d’impayés.